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the international federation of film critics | ||||||||||||
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"Inland" (Gabbla):
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Malek est topographe envoyé en mission dans une région très reculée à l'intérieur des terres, là où le pays semble oublié, voir protégé des dérives politiques. Une succession de plans montrent tour à tour un groupe de jeunes gens de la ville qui contestent avec passion leur condition de vie. Les mots, la colère, l'insatisfaction, le besoin d'action, animent l'écran et puis "cut", le silence impose une dimension qui prend le large. Malek, assez taciturne en effet, a pris la route comme s'il allait vers nulle part.
On comprend au bout d'un long moment qu'il va installer une ligne électrique sur un plateau désertique, loin à l'intérieur du pays. On s'adapte puis on s'attache à la lenteur viscérale de ce qui ressemble à une fuite en avant. Malek atteint la région intérieure et déserte où il ne trouve qu'une simple baraque en tôle. Elle est salie à l'intérieur de traces de sang. On entre de plein pied dans la retraite de Malek habités d'une attente incertaine. D'un village niché en creux surgit un homme, la seule personne à qui parler. La nuit dans sa baraque le garçon est réveillé par des explosions: Ce n'est rien lui dit l'homme du désert, des cigales se posent au sol et cela suffit à faire sauter des mines enfouies.
Un double langage s'installe, les évènements se précipitent. Des policiers rodent autour de la baraque du topographe. Le silence s'emplit d'une menace grandissante. C'est lorsqu'il découvre une jeune réfugiée tapie dans sa tôle que le jeune topographe se pose les vrais questions. Elle a peur, elle est épuisée. Ce ne sont pas les cigales qui sautent sur les bombes mais les fugitifs qui tentent de rejoindre de nuit la côte pour s'embarquer vers l'Espagne. Cette réalité s'empare de l'atmosphère, aussi présente que le vent, la lumière invariable.
La jeune fugitive n'a pas le courage de continuer sa route. Malek décide alors d'abandonner sa mission et l'emmène dans l'automobile de fonction vers les frontières du sud-ouest. Une traversée sans mémoire à travers le pays. Loin du discours politique le jeune homme découvre le quotidien de populations en demande et facilement asservies à l'arrogance des dirigeants. Maintenant que le combat pour la démocratie a triomphé des conflits coloniaux et post coloniaux, où ce combat s'est-il donc égaré?
La lenteur du rythme surprend tout d'abord, comme la volonté d'abandonner les plans à la profondeur de champ jusqu'à en effacer les sons par moments, comme dans un évanouissement de l'image laissée à une éternité de lumière, de sécheresse et de nudité sans appel. Le message est clair. On est vite gagné par l'intensité de ce vide absolu et par les pas authentiques de Malek.
Aucune information n'a percé à Venise sur le réalisateur Tariq Teguia, sauvé par sa culture cinématographique des piège d'un didactisme courant ou du naturalisme facile. Inland a remporté le prix de la FIPRESCI.
Anne de Gasperi. 1974-1994, critique en charge des pages cinéma au "Quotidien de Paris". Critique de cinéma dans "le Figaro", "La Revue de la Cinémathèque de Nice", "France Culture", "Cinemaya" et "TSF Jazz". Publication de romans.
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